InCovidVeritas

De The Shifters Wiki
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Les Shifters racontent Les pépites du confinement ou «In Covid Veritas».

La crise du Covid-19 nous a contraints à nous adapter, à trouver des solutions/arrangements/astuces, aussi bien dans le domaine professionnel, privé, familial que "vie quotidienne". Ces solutions ont changé les habitudes d’un grand nombre d’entre nous (même si certaines solutions pouvaient déjà être pratiquées à petite échelle ; ex : télétravail). Dans le lot, il y en a qu'il ne serait pas idiot de pérenniser après la sortie de confinement, car ces innovations concrètes sont vertueuses du point de vue énergie-climat.

Le rapport final est disponible directement ici : Rapport.

L’équipe projet

  • Sylvie Daumal
  • Sylvain Deuwel
  • Camille Madjarian
  • Stéphane Nedonsel (pilote de l’équipe)
  • Yasmine Reggai
  • Kateryna Sykina

Les pépites du confinement

Cloîtrés, masqués, désinfectés, distanciés… Ce petit virus qui nous a confinés, avouons-le, nous a changés. Que ce temps contraint d’introspection nous ait inspirés ou exaspérés, que nous l’ayons vécu comme une injustice ou une opportunité, nous n’y avons pas été indifférents. Dans nos assiettes, nos armoires ou nos frigos, à vélo, en auto ou en pédalo, avec nos enfants, nos voisins, ou bien tout seul dans notre salon, à notre boulot, au jardin ou devant nos écrans… admettons-le, quelque chose s’est passé. Au Shift Project, nous avons voulu en savoir plus sur ces petits riens, ces grands revirements ou bien ces trucs fous. Surtout, nous avons voulu connaître la recette magique qui transforme les nouvelles pratiques d’un confinement en habitudes d’une vie. Alors, cet été, l’équipe du projet IN COVID VERITAS a lancé auprès de la communauté des Shifters (environ 5000 personnes) un grand questionnaire pour découvrir toutes les idées nées du confinement. Vous avez été plus de 490 à répondre à notre appel. Un grand merci à tous !

Le message pour lancer le questionnaire

Hello les Shifters !

Shifter c'est être bousculé, prendre conscience, parfois par un petit rien… Un petit virus… un long confinement… trois petits points de suspension qui nous ont invités à respirer plus profondément. Un temps forcé d’introspection sans doute inspirant (peut-être aussi, c’est vrai, exaspérant) !

Le groupe In Covid Veritas lance un grand questionnaire auprès de la communauté des Shifters pour découvrir toutes les idées nées du confinement, et surtout déterrer la pépite qui pourrait bien faire shifter la donne. Le groupe proposera une synthèse des tendances et des meilleures pratiques.

Alors, dis-nous ce qui a changé… des petits riens, mais aussi des trucs fous… Qu'as-tu mis dans ton assiette ? Qu'as-tu remisé dans tes armoires ? As-tu enfin rencontré tes voisins ? Graissé ta chaine de vélo ? Dis-nous tout : du jardin au frigo, de l'écran à l'auto en passant par les enfants et le bureau. Et, surtout, dis-nous comment faire perdurer ces nouvelles habitudes !

Si un si petit virus peut changer le cours de l'existence, ta contribution peut faire le lit d'un plus grand ruisseau, celui du changement positif de nos comportements.

Alors prends 10 minutes, réponds au questionnaire, laisse-nous ton email et change le monde!

Travail d'analyse

Après il a fallu faire un gros travail d'analyse des 490 réponses :

Parmi les nombreuses contributions, le groupe a sélectionné les 17 expériences les plus impactantes, les plus innovantes, mais aussi les témoignages les plus émouvants. L’équipe a tenté du mieux possible de leur rendre hommage et de les partager sous forme de pépites par domaine de vie, dans ce petit livret. Ces pépites sont comme des petits cailloux précieux, disséminés sur le chemin du monde de demain. Des petites graines amusantes, énergisantes pour un pas de côté, un shift, et une inspiration pour des changement vertueux, positifs, solidaires de nos comportements. Bonne lecture, ce livret n’est que le début, alors n’hésitez pas et continuez le mouvement !

Nous avons fait 14 interviews afin d'approfondir les expériences.

Les personnes interrogées ont une conscience aiguë des problèmes d’environnement et du réchauffement climatique. Plusieurs ont d’ailleurs profité du confinement pour se former davantage. Elles avaient déjà, auparavant, un comportement exemplaire dans leur vie de tous les jours (déplacements quotidiens en transport en commun ou à vélo, achats très raisonnés, alimentation saine, basée sur le fait-maison, etc.).

Globalement, ce sont des catégories socio-professionnelles qui n’ont pas beaucoup souffert financièrement de la crise (passage à 100 % en télétravail), ni de conditions de vie spécialement difficiles (logement, entourage).

Temps à “rentabiliser”, sentiment d’urgence et besoin de contrôle face une situation qui les dépasse sont autant de facteurs qui ont déclenché la mise en œuvre d’idées qui étaient déjà en germe depuis un certain temps dans les esprits. Le télétravail et le temps qu’il a libéré ont servi de catalyseur : ils sont passés à l’acte. Donc, pas de grande épiphanie du confinement, plutôt un dernier coup de pouce qui amène à basculer, à expérimenter autre chose.

Ça a aussi été une période de contraintes (télétravail à temps plein) auxquelles ils se sont pliés, mais ils n’envisagent pas nécessairement de le pérenniser s’ils habitent près de leur travail (rapidement accessible à vélo, à pied, en transports), car ils accordent de la valeur au lien social. Ils envisagent néanmoins d’y recourir un peu plus souvent car ils apprécient le gain de temps qu’il procure, synonyme d’une meilleure qualité de vie.

Le confinement a amené un recentrage sur les besoins vitaux et un investissement dans l’habitat conséquent : alimentation et cuisine (besoins primaires), entretien, travaux manuels…

Le premier changement d’importance qu’ils mentionnent spontanément et sur lequel ils ne souhaitent plus revenir, c’est l’ALIMENTATION, avec d’abord le changement de fournisseurs pour privilégier les circuits courts, le local et les produits de saison (petits commerces de quartier, panier de légumes en direct du producteur, épicerie de circuit court à la place d’une supérette de quartier, bio ou non). On voit émerger aussi une préférence pour le made in France et la volonté de soutenir les producteurs locaux.

Ils ont aussi apporté des modifications dans leur régime alimentaire, avec plus de temps passé à cuisiner. Les changements apportés procurent souvent plus de plaisir (social, sensoriel, émotionnel…) et c’est la raison pour laquelle les interviewés envisagent de les pérenniser. En bref, ils sautent le pas pour des raisons rationnelles, mais ils continuent pour le mieux-être qu’ils y ont gagné.

Les interviewés évoquent fréquemment une préoccupation pour les déchets, la volonté d’acheter en vrac, d’avoir moins d’emballages…

Le confinement a eu certains effets mécaniques d’économies : moins de lessives (parce que les vêtements se salissent moins à domicile), moins de shampooing (parce que les cheveux se salissent moins), donc moins d’eau, mais il n’est pas sûr que cela reste, même si l’idée de faire plus de télétravail fait son chemin dans les esprits. Dès lors que le social reprend ses droits, le souci de l’apparence aussi (vêtements, coiffure, maquillage…). Il reste néanmoins un souci sur la qualité des produits : les interviewés veulent acheter moins, mais de meilleure qualité.

Les Shifters interrogés, naturellement très éloignés du consumérisme, signalent encore moins de dépenses pendant le confinement, voire aucune en dehors de l’alimentation. Pas d’achat de vêtements ou de livres, notamment, parfois abandon des systèmes de livraison. Au contraire, ils ont rangé leurs affaires, fait du tri dans les vêtements et les objets, donné (à ceux qui en avaient besoin)… Les intérieurs sont débarrassés des accumulations, épurés.

Ils mentionnent beaucoup activités manuelles et créatives (DIY), parfois avec les enfants : bricolage, jardinage, peinture, etc. Nombreux sont ceux qui ont semé, bouturé, échangé des plantes, créé un potager, commencé à faire du compost. Cela a aussi encouragé des vies de quartiers plus solidaires (échanges, trocs). Certains déclarent se retrouver avec plus d’argent sur leur compte en banque en fin de mois.

Se manifeste globalement une envie d’aller plus loin au quotidien dans les bonnes pratiques, de faire des choses plus simples (« moins de resto inutiles »), plus proches de la nature (faire pousser des plantes, faire son compost), plus collectifs (des ateliers partagés) ou plus éthiques (finance, énergie)…

La mobilité très contrainte a permis l’apparition de nouveaux usages en ligne (télétravail, loisirs, moments de convivialité), dont une partie a été appréciée et pourrait se substituer à un déplacement physique à l’avenir. D’autres changements, opérés sous la contrainte, ne resteront pas (sport en ligne, cours de musique en ligne…) dès lors que le présentiel sera possible, en raison de leur forte dimension sensorielle, humaine et sociale.

De façon générale, on relève peu de changements radicaux d’habitudes, plutôt un approfondissement, une radicalisation des pratiques existantes (peut-être liée à la population interrogée).

Pour finir, les interviews valident l’approche par thématiques pour le questionnaire ; l’ordre dans lequel les sujets sont abordés est souvent identique : d’abord l’alimentation, puis la mobilité, le travail, pour finir l’habitat et les loisirs…


Rapport final

Le rapport final se présente sous forme d'un livret regroupant les 10 pépites et leur recette pour une mise en œuvre facile

Vous le trouverez ici : Rapport

Un grand merci à la communauté des Shifters qui ont répondu à notre appel et ont partagé leurs petits cailloux et leurs pépites.